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Retrouvez toute l'information économique et financière sur notre application Orishas Direct à Télécharger sur Play StoreLe gouvernement tchadien veut accélérer la
transformation numérique du pays et réduire les inégalités d’accès aux
technologies de l’information. Pour y parvenir, les autorités misent sur un
renforcement de leur coopération avec la Banque mondiale, notamment pour
étendre la connectivité aux nombreuses zones blanches qui restent privées de
services numériques.
Cette ambition a été au cœur d’une mission de
travail menée par une délégation de la Banque mondiale au Tchad du 1er au 5
juin. Les discussions ont porté sur l’avancement du Projet d’appui à la
transformation numérique (PATN) ainsi que sur le Programme régional
d’intégration numérique de l’Afrique centrale (CARDIP), deux initiatives
considérées comme essentielles pour moderniser l’écosystème numérique national.
À cette occasion, le secrétaire d’État aux
Télécommunications, Ibangolo Maïna Manga Abel, a indiqué qu’environ 500
localités ne disposent toujours pas d’accès à la connectivité ou aux services
numériques. Si les autorités affichent leur volonté de raccorder ces zones,
aucun calendrier précis ni détail sur leur localisation n’a pour l’instant été
communiqué.
Le défi est d’autant plus important que le Tchad
demeure l’un des pays les moins connectés du continent. Selon les données de
l’Union internationale des télécommunications (UIT), les réseaux 2G et 3G
couvraient respectivement 86,9 % et 84,5 % de la population en 2024. La
couverture 4G atteignait seulement 60 % des quelque 25 millions d’habitants du
pays.
Les indicateurs d’usage témoignent également de
l’ampleur de la fracture numérique. Le taux de pénétration de la téléphonie
mobile est estimé à 44,3 %, tandis que celui de l’Internet mobile ne dépasse
pas 12,6 %. Ces chiffres traduisent non seulement des défis de couverture, mais
aussi des obstacles liés à l’accessibilité et à l’adoption des services
numériques.
Au-delà de l’extension du réseau, le Tchad doit
faire face à des contraintes structurelles majeures. Le pays reste fortement
dépendant d’une unique liaison internationale en fibre optique transitant par
le Cameroun. Cette situation limite l’accès à la bande passante internationale
et fragilise la qualité des services Internet. Des projets d’interconnexion
avec l’Algérie, le Nigeria, le Niger, la Libye et l’Égypte sont envisagés, mais
n’ont pas encore été concrétisés.
Les difficultés concernent également la qualité des infrastructures existantes. Le dernier audit de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a mis en évidence plusieurs insuffisances, notamment des équipements vieillissants, une maintenance insuffisante, des problèmes récurrents d’alimentation électrique et des sites techniques hors service dans certaines localités. Le vandalisme des infrastructures continue par ailleurs d’affecter les performances du réseau.
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