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Retrouvez toute l'information économique et financière sur notre application Orishas Direct à Télécharger sur Play StoreAu Maroc, la multiplication des sociétés inactives met en lumière une zone grise du tissu entrepreneurial. Derrière ces entreprises officiellement enregistrées mais fiscalement silencieuses se cachent des situations variées : cessations d’activité, fragilité des jeunes structures ou encore montages frauduleux. Face à ce phénomène grandissant, les autorités fiscales renforcent leurs dispositifs de contrôle afin de protéger l’intégrité du système économique national.
Le paysage entrepreneurial marocain est en
effet confronté à un phénomène diffus mais massif : celui des sociétés dites «
dormantes ». Bien qu’immatriculées dans les registres officiels, ces entités ne
déclarent aucune activité fiscale depuis plusieurs années, ce qui soulève des
interrogations sur leur véritable rôle dans l’économie. Cette réalité, qui
concerne près d’un tiers des quelque 400 000 sociétés enregistrées dans le
pays, recouvre des situations économiques et sociales diverses, allant de la cessation
d’activité légitime à des schémas complexes de fraude fiscale.
Le nombre d’entreprises sans véritable
trace d’activité fiscale est estimé à plus de 130 000. Selon certaines
analyses, ce chiffre pourrait même atteindre 300 000 si l’on inclut les
structures considérées comme présentant un risque élevé de fraude, d’après le
rapport 2025 de l’Observatoire marocain de la TPME. Cette situation apparaît
d’autant plus paradoxale que le Maroc continue d’enregistrer une progression du
nombre d’entreprises-personnes morales actives (EPMA), qui a atteint 380 230 en
2025, soit une hausse de 1,3 % sur un an.
Dans le même temps, le taux de mortalité
précoce des entreprises demeure particulièrement élevé. Près de 60 % des
sociétés nouvellement créées disparaissent avant d’atteindre leur troisième
année d’existence. Cette « mort subite » laisse souvent derrière elle des
fournisseurs impayés, des créanciers démunis et des salariés sans perspective,
révélant la fragilité structurelle d’une partie du tissu entrepreneurial.
Au-delà des difficultés économiques, une
part non négligeable de ces sociétés inactives sert de support à des montages
frauduleux. Parmi les pratiques les plus répandues figurent les « faux
déficitaires », des entreprises qui déclarent des pertes répétées ou un
résultat imposable minimal, souvent sans rapport avec leur activité réelle.
D’autres structures fonctionnent comme des sociétés-écrans, créées pour
dissimuler l’identité des bénéficiaires effectifs et faciliter des transactions
opaques, pouvant aller du blanchiment de capitaux à l’évasion fiscale.
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